Centre de rétention administrative de Bordeaux-Mérignac (CRA) : adresse, visites, avocat — 2026
Le nouveau centre de rétention des étrangers de la Gironde, sur le site du Bioparc
140 places, salle d'audience sur place, ouverture annoncée pour octobre 2026
Le centre de rétention administrative des étrangers (CRA) de Bordeaux-Mérignac est le nouveau lieu de rétention de la Gironde : site du Bioparc, avenue du Bourgailh, à la limite de Mérignac et de Pessac, près de l'aéroport. Avec 140 places, il remplace le centre de Bordeaux-Mériadeck, qui n'en comptait que vingt.
Le sigle « CRA » désigne aussi les centres ressources autisme : cette page ne traite que de la rétention administrative des étrangers, décidée par le préfet en vue d'un éloignement.
Le centre de rétention de Bordeaux-Mérignac en bref
Ce qui est connu au 9 septembre 2026
| Localisation | Site du Bioparc, avenue du Bourgailh, à cheval sur Mérignac (33700) et Pessac (33600), près de la sortie 13 de la rocade et de l'aéroport |
|---|---|
| Adresse postale | Pas encore publiée : elle est fixée par l'arrêté ministériel créant le centre. |
| Capacité | 140 places, zones séparées hommes et femmes : le plafond fixé par le code. |
| Ouverture | Annoncée pour octobre 2026 ; la préfecture évoquait le second semestre 2026 le 20 janvier 2026. Date exacte non confirmée. |
| Ce qu'il remplace | Le centre de Bordeaux-Mériadeck : 20 places, hommes uniquement, qui ferme. |
| Justice sur place | Salle d'audience délocalisée prévue sur le site ; visioconférence possible. |
| Téléphone | Non publié à ce jour. |
Mérignac est l'un des plus grands centres de France, dans un plan national qui vise 3 000 places : sept fois la capacité de Mériadeck, et l'accueil de femmes, jusqu'ici impossible en Gironde. Les centres ont une vocation nationale : le code prévoit qu'ils accueillent les personnes retenues sans considération du lieu du placement.
Où se trouve le centre et comment s'y rendre
Bioparc, avenue du Bourgailh, Mérignac-Pessac
Le repère est la sortie 13 de la rocade bordelaise, à quelques minutes de l'aéroport, dans un quartier d'activités. Les lignes de bus et de tramway du secteur Mérignac-Pessac sont à vérifier auprès de TBM, le réseau de Bordeaux Métropole : aucun numéro de ligne n'est indiqué ici tant que la desserte du centre n'est pas publiée. L'adresse postale complète sera ajoutée dès sa publication officielle. Avant tout déplacement, vérifiez que la personne recherchée s'y trouve : les transferts entre centres sont fréquents.
Ce qui se passe dans les 96 premières heures
Du placement par le préfet à la première audience
- — Notification des droits dans une langue comprise, au besoin par interprète. Un retard ou un défaut de notification est une irrégularité.
- — Association et avocat : l'association du centre aide à comprendre la procédure ; la personne appelle l'avocat de son choix ou en demande un commis d'office.
- — Contestation du placement devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire, dans le délai de 96 heures du placement.
- — Audience : saisi de la contestation et de la première prolongation, le juge statue dans les 48 heures.
Deux délais courent en parallèle, à ne pas confondre. Le premier vise la décision de placement : 96 heures pour saisir le magistrat du siège du tribunal judiciaire, encore désigné comme le juge des libertés et de la détention (JLD). Le second vise la mesure d'éloignement : 48 heures pour attaquer l'OQTF devant le tribunal administratif lorsqu'elle est notifiée en rétention (article L. 614-2 du CESEDA, qui renvoie à la procédure de l'article L. 921-2, dont le délai est fixé par l'article R. 921-2-1, créé par le décret n° 2026-456 du 6 juin 2026), 5 jours pour le débouté de l'asile placé en rétention et 7 jours pour une décision de transfert vers un autre État européen. L'aide juridictionnelle n'interrompt pas ces délais (48 heures, 96 heures, 5 jours, 24 heures). Voir contester un placement en rétention.
Au-delà des 96 heures, le maintien suppose une décision de justice : une première prolongation de 26 jours, puis d'autres, dans les durées maximales fixées par le CESEDA et modifiées par la loi du 27 juillet 2026. Le Conseil constitutionnel a rappelé, le 23 juillet 2026, que chaque prolongation doit rester proportionnée et supposer une perspective raisonnable d'éloignement : le juge vérifie les diligences de l'administration.
Les droits de la personne retenue dans le centre
Fixés par le CESEDA, notifiés dès l'arrivée
- — Communiquer avec la personne de son choix, son consulat et son conseil, et téléphoner, le centre devant disposer de postes en libre accès.
- — Être assisté d'un avocat, choisi ou commis d'office, à chaque audience ; un local doit permettre de le recevoir, sur simple demande de celui-ci.
- — Bénéficier d'un interprète pour la notification des droits, l'éloignement et l'asile.
- — Être hébergé, nourri et soigné gratuitement, et voir un médecin sur demande : un état de santé incompatible avec la rétention peut y mettre fin.
- — Recevoir des visites dans un espace prévu pour les consulats, les familles, les médecins et l'association, elle-même chargée de l'aide à l'exercice effectif des droits.
- — Demander l'asile dans les 5 jours de la notification des droits, en procédure accélérée.
Un règlement intérieur, approuvé par le préfet et affiché en plusieurs langues, organise la vie quotidienne et fixera les horaires de visite et le fonctionnement du greffe. Il n'est pas encore publié.
Rendre visite à un proche au CRA de Mérignac
En attendant le règlement intérieur du centre
Ces indications décrivent la pratique habituelle des centres français ; le règlement intérieur de Mérignac les confirmera.
- — Jours et horaires : en règle générale tous les jours, week-end compris, dans des créneaux fixés par le règlement intérieur, à confirmer pour Mérignac.
- — Pièce d'identité en cours de validité exigée à l'entrée ; sans elle, la visite est refusée.
- — Vêtements et nourriture : acceptés en général après contrôle, la nourriture devant être non périssable.
- — Argent et médicaments : les sommes sont en principe déposées au greffe et restituées à la sortie (conservez un reçu) ; les médicaments se confient au service médical avec l'ordonnance, jamais à la personne retenue.
- — Téléphone : en général, un appareil sans fonction photographique est toléré, sinon les postes du centre.
Les pièces décisives passent souvent par la famille. Voir un proche est en rétention.
Où se tiennent les audiences
Salle délocalisée, visioconférence, tribunaux de Bordeaux
Le CESEDA autorise le juge à statuer dans une salle attenante au centre, prévue sur le site, ou par visioconférence. Trois juridictions bordelaises interviennent :
- — le tribunal judiciaire de Bordeaux, pour la contestation du placement et chaque prolongation ;
- — le premier président de la cour d'appel de Bordeaux, saisi dans les 24 heures de l'ordonnance, qui statue dans les 48 heures ; l'appel n'est en principe pas suspensif ;
- — le tribunal administratif de Bordeaux, pour le recours contre l'OQTF, le pays de renvoi et l'interdiction de retour, à juge unique.
Ces audiences sont publiques : la famille peut y assister, avec une pièce d'identité. La présence d'un conjoint, d'un employeur ou d'un parent donne corps aux attaches et aux garanties de représentation. Pour une audience tenue sur le site, les modalités d'accès du public seront précisées à l'ouverture.
Qui intervient dans le centre
Police, association, service médical, avocats
- — La police aux frontières : le centre est placé sous l'autorité du préfet, un chef de centre désigné par arrêté préfectoral répondant de l'ordre et de la gestion.
- — L'association d'aide aux droits, titulaire d'un marché public relancé en avril 2026 : celle retenue pour Mérignac n'est pas connue, et La Cimade a annoncé qu'elle n'y interviendrait pas.
- — Le service médical, qui consulte sur place par convention avec un établissement hospitalier.
- — L'avocat, choisi ou commis d'office, qui dispose d'un local pour s'entretenir avec la personne retenue.
La rétention à Bordeaux en chiffres
Données 2025, publiées le 19 mai 2026 par le rapport associatif annuel
- — 184 personnes retenues à Bordeaux en 2025, contre 239 en 2024.
- — 38 jours de durée moyenne, contre 27 jours en 2024 ; moyenne nationale : 33 jours.
- — 47 jours en moyenne pour les ressortissants algériens.
- — 32,4 % de libérations sur décision d'un juge, contre 51 % en 2024.
- — 48 éloignements exécutés depuis le centre.
Ces chiffres portent sur Mériadeck et ses vingt places ; avec 140 places, l'ordre de grandeur change. Deux tendances : la durée moyenne s'allonge, la part des libérations décidées par un juge recule.
Le cabinet et le CRA de Mérignac
Honoraires et modalités
Le cabinet G. Lassort est installé 5 cours Pasteur, à Bordeaux, à quelques minutes des deux tribunaux. Maître Gabriel Lassort est avocat au barreau de Bordeaux depuis 2018 et membre de l'Institut de défense des étrangers du barreau. Le délai de 96 heures court sans interruption, samedis et jours fériés compris. L'entretien a lieu au centre, l'audience dans la salle du site ou par visioconférence.
Honoraires
- Première audience devant le juge — 600 € TTC (500 € HT). Contestation du placement et première prolongation, tout compris : dossier de procédure, conclusions écrites, déplacement au centre ou visioconférence, plaidoirie, compte rendu à la famille.
- Chaque prolongation suivante — 360 € TTC (300 € HT), pour un client déjà défendu par le cabinet.
- Appel devant le premier président — 300 € TTC (250 € HT) pour un client déjà défendu en première instance ; appel repris de zéro : 600 € TTC (500 € HT).
- Recours OQTF devant le tribunal administratif — aide juridictionnelle, sous conditions de ressources ; en cas d'aide partielle, convention d'honoraires complémentaire.
- Forfait « défense rétention » prépayé — 840 € TTC (700 € HT) : première audience et appel éventuel.
- Même prix le week-end et les jours fériés. Aucun supplément.
Le dossier peut être confié à distance : appel au 05 47 74 93 92 avec le nom complet, la date de naissance, la nationalité, le centre et l'heure du placement, devis d'une page dans l'heure, paiement avant l'audience, pièces transmises par e-mail, compte rendu par téléphone après l'audience. Aucun résultat ne peut être garanti.
Textes de référence
- CESEDA, titre IV — Rétention administrative (L. 740-1 à L. 744-17) — régime complet, droits, prolongations.
- CESEDA, article L. 614-2 — recours contre l'OQTF de l'étranger placé en rétention, assigné à résidence ou détenu.
- CESEDA, article L. 921-1 — délai de sept jours de l'étranger assigné à résidence ou détenu, jugement dans les quinze jours.
- CESEDA, article R. 921-2-1 — quarante-huit heures à compter de la notification en rétention ; cinq jours pour le débouté de l'asile ; sept jours pour une décision de transfert.
- Décret n° 2026-456 du 6 juin 2026 — texte créant l'article R. 921-2-1, en vigueur le 8 juin 2026.
- CESEDA, article L. 741-10 — contestation du placement devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire.
- CESEDA, article L. 742-3 — première prolongation de vingt-six jours.
- CESEDA, articles R. 744-1 à R. 744-7 — organisation des centres : vocation nationale, arrêté fixant l'adresse, capacité maximale de cent quarante places.
- CESEDA, articles R. 744-12 à R. 744-21 — règlement intérieur, local de l'avocat, droits des étrangers retenus, association d'aide à l'exercice des droits.
Questions fréquentes sur le CRA de Bordeaux-Mérignac
Adresse, visites, durée, coût d'un avocat
Quelle est l'adresse du centre de rétention de Mérignac ?
Sur le site du Bioparc, avenue du Bourgailh, à cheval sur Mérignac (33700) et Pessac (33600), près de la sortie 13 de la rocade. L'adresse postale exacte sera fixée par l'arrêté ministériel créant le centre ; cette page sera mise à jour dès sa publication.
Quel est le numéro de téléphone du CRA de Mérignac ?
Il n'est pas publié à ce jour. Pour localiser un proche, un avocat peut interroger la préfecture et le greffe du centre. Le cabinet répond au 05 47 74 93 92.
Comment rendre visite à un proche retenu au centre ?
En règle générale tous les jours, dans des créneaux fixés par le règlement intérieur, sur présentation d'une pièce d'identité valide. Les horaires propres à Mérignac ne sont pas publiés : vérifiez avant de vous déplacer que la personne s'y trouve toujours.
Peut-on apporter des vêtements, de la nourriture ou de l'argent ?
En règle générale oui, après contrôle : vêtements et nourriture non périssable. L'argent est déposé au greffe et restitué à la sortie ; conservez un reçu. Les médicaments se confient au service médical avec l'ordonnance. Le règlement intérieur de Mérignac confirmera ces points.
Combien de temps une personne peut-elle rester au CRA de Mérignac ?
Le placement décidé par le préfet dure quatre-vingt-seize heures. Au-delà, seul un juge peut autoriser le maintien : une première prolongation de vingt-six jours, puis d'autres prolongations, dans des durées maximales fixées par le CESEDA et modifiées par la loi du 27 juillet 2026. À Bordeaux, la durée moyenne était de 38 jours en 2025.
Peut-on sortir du centre de rétention ?
Oui : refus de prolongation, annulation de la décision de placement, annulation de l'OQTF, ou fin de la mesure décidée par la préfecture. Le juge peut aussi ordonner une assignation à résidence lorsque les garanties de représentation sont effectives. Aucun résultat ne peut être garanti.
Peut-on demander l'asile depuis le centre de rétention ?
Oui, dans un délai de cinq jours à compter de la notification des droits, la demande étant examinée par l'OFPRA en procédure accélérée.
Qui est envoyé au centre de rétention de Bordeaux-Mérignac ?
Des personnes étrangères visées par une mesure d'éloignement : le plus souvent une OQTF, parfois une interdiction du territoire, une expulsion ou un transfert vers un autre État européen. Les centres ayant une vocation nationale, une personne interpellée dans une autre région peut être conduite à Mérignac.
Le centre de rétention de Mériadeck ferme-t-il ?
Oui. Le centre actuel, au sous-sol du commissariat de Bordeaux-Mériadeck, compte vingt places, hommes uniquement. Il ferme à l'ouverture de Mérignac, annoncée pour octobre 2026, qui comptera cent quarante places.
Combien coûte un avocat pour une audience au CRA de Mérignac ?
Les montants figurent dans la grille de cette page : première audience devant le juge, prolongation suivante, appel devant le premier président et forfait prépayé. Le recours contre l'OQTF est présenté à l'aide juridictionnelle, sous conditions de ressources.
Un proche est retenu au CRA de Mérignac
Cabinet G. Lassort, 5 cours Pasteur à Bordeaux : 05 47 74 93 92.