Rétention administrative à Bordeaux : avocat devant le juge (JLD) — 2026
Placement au centre de rétention, contestation de l'arrêté préfectoral
Audiences devant le juge des libertés et de la détention et recours contre l'OQTF
La rétention administrative est une privation de liberté décidée par le préfet, hors de toute condamnation pénale, pour exécuter une mesure d'éloignement. Elle se déroule dans un centre de rétention administrative (CRA). Deux juges interviennent : le juge judiciaire contrôle la privation de liberté, le juge administratif contrôle la mesure d'éloignement.
Le nouveau centre de rétention de Bordeaux-Mérignac
140 places, ouverture annoncée pour octobre 2026
Un nouveau centre de rétention administrative de 140 places a été construit sur le site du Bioparc, avenue du Bourgailh, à cheval sur les communes de Mérignac et de Pessac, à proximité de l'aéroport de Bordeaux-Mérignac. Son ouverture est annoncée pour octobre 2026 ; le jour exact n'est pas confirmé officiellement à ce jour.
Il remplace le local de rétention du sous-sol du commissariat de Bordeaux-Mériadeck, vingt places réservées aux hommes, qui fermera. Il comportera des zones séparées pour les hommes et pour les femmes. L'adresse postale, le numéro de téléphone du centre et le nom de l'association chargée de l'aide à l'exercice des droits ne sont pas encore publiés.
Une salle d'audience délocalisée est prévue sur le site : les audiences du juge pourront s'y tenir sans transfert au tribunal, la visioconférence restant possible. Un centre de cette taille reçoit des personnes interpellées au-delà du département : une famille domiciliée ailleurs peut avoir à faire défendre son proche à Bordeaux.
Tout savoir sur le CRA de Mérignac
Informations mises à jour le 9 septembre 2026.
Le placement en rétention administrative
Le préfet peut placer en rétention un étranger visé par une mesure d'éloignement lorsqu'il estime que les garanties de représentation sont insuffisantes.
Le placement suppose donc une décision préalable d'éloignement : le plus souvent une obligation de quitter le territoire français (OQTF), parfois une interdiction du territoire, une expulsion ou une décision de transfert vers un autre État européen.
Il intervient souvent à l'issue d'un contrôle d'identité, d'une garde à vue ou d'une convocation en préfecture. La personne est conduite au centre de rétention administrative de Bordeaux ou vers un autre centre.
Le placement est décidé pour une durée initiale de quatre-vingt-seize heures. Au-delà, seule une décision de justice peut le prolonger.
La rétention n'est pas une peine. C'est une mesure administrative, strictement encadrée, et son irrégularité entraîne la remise en liberté.
Contester le placement
96 heures
Pour saisir le magistrat du siège du tribunal judiciaire contre l'arrêté de placement (article L. 741-10 du CESEDA)
Contester l'OQTF
Délai distinct de 48 heures devant le tribunal administratif lorsque la personne est placée en rétention (article R. 921-2-1 du CESEDA). Ne pas confondre les deux recours.
Les droits de la personne retenue
Ils doivent être notifiés dès l'arrivée au centre, dans une langue comprise
- — Être assisté d'un avocat, choisi ou commis d'office, à chaque audience.
- — Bénéficier d'un interprète pour la notification des droits et devant le juge.
- — Voir un médecin et faire constater un état de santé incompatible avec la rétention.
- — Communiquer avec son consulat, sa famille et toute personne de son choix, et recevoir des visites aux horaires du règlement intérieur.
- — Être assisté par l'association présente dans le centre pour l'aide à l'exercice des droits.
- — Demander l'asile depuis la rétention, dans un délai de cinq jours à compter de la notification des droits.
Le défaut de notification de ces droits, leur notification tardive ou l'absence d'interprète sont des irrégularités. Le juge peut en tirer les conséquences et mettre fin à la rétention.
Le contrôle du juge des libertés et de la détention
Contestation du placement et prolongations de la rétention
La légalité de la privation de liberté relève du juge judiciaire, le juge des libertés et de la détention (JLD), que le CESEDA nomme aujourd'hui « magistrat du siège du tribunal judiciaire ». À Bordeaux, les audiences se tiennent au tribunal judiciaire ; une salle délocalisée est prévue sur le site de Mérignac.
La personne retenue peut contester l'arrêté de placement en rétention devant ce magistrat dans un délai de quatre-vingt-seize heures à compter de sa notification. Ce délai concerne uniquement la décision de placement, et non l'OQTF. Il était de quarante-huit heures jusqu'au 10 novembre 2025 : de nombreuses pages en ligne mentionnent encore l'ancien chiffre.
Les moyens invoqués portent sur l'insuffisance de motivation de l'arrêté, l'absence d'examen de la situation personnelle, les garanties de représentation, l'état de santé, l'irrégularité de l'interpellation ou de la garde à vue, la notification tardive ou incomplète des droits et l'absence d'interprète. Le juge statue dans les 48 heures de sa saisine. Il peut aussi ordonner une assignation à résidence lorsque les garanties de représentation sont effectives.
Au-delà des quatre-vingt-seize heures, le maintien en rétention doit être autorisé par le magistrat : première prolongation de vingt-six jours, puis périodes de trente jours renouvelables une fois, soit quatre-vingt-dix jours en droit commun. Des régimes dérogatoires, réservés à des situations limitées, vont jusqu'à deux cent dix jours depuis la loi du 27 juillet 2026 ; le cumul pour une même mesure d'éloignement est plafonné à trois cent soixante jours. Chaque prolongation suppose une perspective raisonnable d'éloignement : le juge contrôle les diligences de l'administration.
| Étape | Durée ou délai | Autorité |
|---|---|---|
| Placement initial en rétention | 96 heures | Préfet (arrêté de placement) |
| Contestation de l'arrêté de placement | 96 heures pour saisir le juge | Magistrat du siège du tribunal judiciaire |
| Première prolongation | 26 jours | Magistrat du siège du tribunal judiciaire |
| Prolongations suivantes | 30 jours, renouvelable une fois (90 jours) ; régimes dérogatoires jusqu'à 210 jours (loi du 27 juillet 2026) ; cumul plafonné à 360 jours | Magistrat du siège du tribunal judiciaire |
| Demande d'asile depuis le centre | 5 jours | OFPRA (examen en procédure accélérée) |
| Recours contre l'OQTF (personne placée en rétention) | 48 heures | Tribunal administratif (jugement dans les 96 heures) |
| Recours contre l'OQTF (débouté de l'asile placé en rétention) | 5 jours | Tribunal administratif |
| Recours contre une décision de transfert vers un autre État européen notifiée en rétention | 7 jours | Tribunal administratif |
| Recours contre l'OQTF (personne assignée à résidence ou détenue) | 7 jours | Tribunal administratif (jugement dans les 15 jours) |
| Appel de l'ordonnance du juge | 24 heures | Premier président de la cour d'appel |
Contester l'OQTF elle-même : 48 heures
Devant le tribunal administratif
Le juge judiciaire ne juge pas la mesure d'éloignement. L'annulation de l'OQTF, de la décision fixant le pays de renvoi et de l'interdiction de retour sur le territoire français (IRTF) relève du tribunal administratif.
Pour une personne placée en rétention, le délai de recours est de 48 heures à compter de la notification : l'article L. 614-2 du CESEDA renvoie à la procédure de l'article L. 921-2, dont le délai est fixé par l'article R. 921-2-1, créé par le décret du 6 juin 2026. Le délai est porté à 5 jours pour le débouté de l'asile placé en rétention et à 7 jours pour une décision de transfert vers un autre État européen notifiée en rétention. Le tribunal statue dans les 96 heures, à juge unique. Ces délais se comptent en heures et ne sont pas interrompus par une demande d'aide juridictionnelle.
Hors rétention, la personne assignée à résidence ou détenue dispose de 7 jours et le jugement intervient dans les quinze jours (article L. 921-1). Si le placement en rétention intervient avant l'expiration de ce délai, celui-ci est interrompu et le délai de 48 heures court à compter du moment où la personne en est informée (article R. 921-1).
Les deux procédures avancent en parallèle. L'annulation de l'OQTF prive la rétention de sa base légale. À l'inverse, une remise en liberté ne fait pas disparaître l'OQTF, qui reste exécutoire. Aucun résultat ne peut être garanti.
Ce que peut faire la famille immédiatement
Avant la première audience
- — Appeler un avocat sans attendre l'audience, avec le nom complet, la date de naissance, le centre et l'heure du placement.
- — Réunir les pièces : passeport, titres de séjour, contrat de travail, bulletins de salaire, bail, actes de naissance des enfants, certificats de scolarité.
- — Établir les attaches : livret de famille, attestations de proches, suivi médical. Ces pièces fondent les garanties de représentation.
- — Ne rien signer qui n'ait été compris, demander un interprète, signaler tout problème de santé.
Ce que fait le cabinet
Le cabinet demande le dossier de procédure et relève les délais en cours. Il saisit le magistrat du siège du tribunal judiciaire contre l'arrêté de placement. Il dépose, dans le même temps, le recours contre l'OQTF devant le tribunal administratif, et forme appel de l'ordonnance lorsque les moyens le justifient. La famille reçoit un compte rendu après chaque audience. Maître Gabriel Lassort est membre de l'Institut de défense des étrangers du barreau de Bordeaux.
Honoraires en matière de rétention
Montants au 9 septembre 2026
| Prestation | Honoraires | Ce qui est inclus |
|---|---|---|
| Première audience devant le juge (contestation du placement et première prolongation, dans les 96 heures) | 500 € HT, soit 600 € TTC | Tout compris : étude du dossier, conclusions écrites, déplacement au centre ou audience par visioconférence, plaidoirie, compte rendu à la famille. |
| Chaque audience de prolongation suivante (J+30, J+60, prolongations dérogatoires), pour un client déjà défendu | 300 € HT, soit 360 € TTC | Étude des pièces nouvelles et des diligences de l'administration, conclusions, audience, compte rendu à la famille. |
| Appel devant le premier président de la cour d'appel de Bordeaux | 250 € HT, soit 300 € TTC pour un client déjà défendu en première instance 500 € HT, soit 600 € TTC si l'appel est repris de zéro |
Déclaration d'appel dans le délai de 24 heures, mémoire, audience devant le premier président. |
| Recours contre l'OQTF devant le tribunal administratif (48 heures en rétention) | Aide juridictionnelle, si les conditions sont remplies | Requête et mémoires, audience à juge unique. Convention d'honoraire complémentaire en cas d'aide juridictionnelle partielle. |
| Forfait « défense rétention » prépayé | 700 € HT, soit 840 € TTC | Première audience devant le juge et appel éventuel, réglés en une seule fois. |
Même prix le week-end et les jours fériés. Aucun supplément.
- — Un devis d'une page est envoyé par e-mail ou par WhatsApp dans l'heure qui suit l'appel.
- — Le paiement est réglé à distance par la famille, par lien de paiement ou par virement, avant l'audience.
- — En cas d'aide juridictionnelle partielle, une convention d'honoraire complémentaire est signée dans les limites prévues par la loi.
- — Les honoraires rémunèrent la défense, non une issue. Aucun résultat ne peut être garanti.
Textes de référence
- CESEDA, article L. 614-2 — recours contre l'OQTF de l'étranger placé en rétention, assigné à résidence ou détenu.
- CESEDA, article L. 921-1 — délai de sept jours de l'étranger assigné à résidence ou détenu, jugement dans les quinze jours.
- CESEDA, article R. 921-2-1 — quarante-huit heures à compter de la notification en rétention ; cinq jours pour le débouté de l'asile ; sept jours pour une décision de transfert.
- Décret n° 2026-456 du 6 juin 2026 — texte créant l'article R. 921-2-1, en vigueur le 8 juin 2026.
- CESEDA, article L. 741-10 — contestation de la décision de placement en rétention devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire.
- CESEDA, articles L. 742-1 à L. 742-3 — première prolongation de la rétention et durée de vingt-six jours.
- CESEDA, article L. 742-4 — prolongations suivantes de trente jours, renouvelables une fois.
- CESEDA, article L. 743-21 — appel de l'ordonnance devant le premier président de la cour d'appel dans les vingt-quatre heures.
- Loi n° 2026-667 du 27 juillet 2026 — durées dérogatoires de rétention, plafond de cumul et maintien à disposition de la justice.
- CESEDA, titre IV — Rétention administrative (articles L. 740-1 à L. 744-17) — régime complet, droits des personnes retenues et prolongations.
Questions fréquentes sur la rétention administrative
Les réponses aux interrogations les plus courantes
Quel est le délai pour contester le placement en rétention ?
Quatre-vingt-seize heures à compter de la notification de l'arrêté de placement, pour saisir le magistrat du siège du tribunal judiciaire. Le recours contre l'OQTF obéit à un délai distinct de 48 heures devant le tribunal administratif lorsque la personne est placée en rétention (article R. 921-2-1 du CESEDA).
Combien de temps peut durer une rétention ?
Quatre-vingt-seize heures décidées par le préfet, puis vingt-six jours sur décision du juge, puis des périodes de trente jours renouvelables une fois, soit quatre-vingt-dix jours en droit commun. Les régimes dérogatoires vont jusqu'à deux cent dix jours depuis la loi du 27 juillet 2026, et le cumul pour une même mesure d'éloignement est plafonné à trois cent soixante jours. Chaque prolongation suppose une perspective raisonnable d'éloignement.
Combien coûte un avocat en rétention ?
Les montants figurent dans la grille de cette page : première audience devant le juge, audience de prolongation suivante, appel devant le premier président et forfait prépayé, en HT et en TTC. Le recours contre l'OQTF devant le tribunal administratif est présenté à l'aide juridictionnelle.
Intervenez-vous le week-end ?
Oui. Les placements et les audiences ont lieu tous les jours, y compris les jours fériés. Le paiement est réglé à distance par la famille avant l'audience.
Où se tiennent les audiences pour le CRA de Mérignac ?
Le contrôle de la rétention relève du tribunal judiciaire de Bordeaux, l'appel du premier président de la cour d'appel de Bordeaux, le recours contre l'OQTF du tribunal administratif de Bordeaux. Une salle d'audience délocalisée est prévue sur le site de Mérignac ; la visioconférence est possible.
Peut-on sortir du centre de rétention ?
Oui, dans plusieurs cas : refus de prolongation, annulation du placement, annulation de l'OQTF, ou fin de la mesure décidée par la préfecture. Le juge peut aussi ordonner une assignation à résidence. Aucun résultat ne peut être garanti.
Peut-on demander l'asile depuis la rétention ?
Oui, dans un délai de cinq jours à compter de la notification des droits ; la demande est examinée en procédure accélérée. Voir notre page demande d'asile.
La famille peut-elle rendre visite au centre de rétention ?
Oui, aux horaires fixés par le règlement intérieur du centre, sur présentation d'une pièce d'identité. La personne retenue peut aussi téléphoner. Les pièces décisives transitent souvent par la famille : bail, bulletins de salaire, certificats de scolarité.
L'aide juridictionnelle est-elle possible ?
Oui, et un avocat commis d'office peut également être désigné. Attention : la demande d'aide juridictionnelle n'interrompt pas les délais courts applicables en rétention (48 heures, 96 heures, 5 jours, 24 heures). Elle ne doit jamais retarder le dépôt du recours.
Une rétention illégale peut-elle être indemnisée ?
Oui. Lorsque le placement ou le maintien en rétention est jugé irrégulier, une demande indemnitaire peut être engagée contre l'État. Voir notre page indemnisation d'une rétention illégale.
Voir aussi :
Un proche est en rétention
Cabinet G. Lassort, 5 cours Pasteur à Bordeaux : 05 47 74 93 92.