Rétention administrative — Asile

Demander l'asile en rétention : le délai de 5 jours, l'OFPRA, les recours (2026)

Le délai le plus souvent perdu au centre de rétention
Cabinet G. Lassort, avocat à Bordeaux — 7 jours sur 7

Cinq jours à compter de la notification des droits en matière d'asile. Passé ce délai, la demande est en principe irrecevable. Appelez le 05 47 74 93 92 — week-ends et jours fériés compris.

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Une personne placée en rétention administrative peut demander l'asile depuis le centre. Le chapitre du CESEDA consacré à cette demande — les articles L. 754-1 à L. 754-8 — organise une procédure entièrement à part : un délai de cinq jours, un formulaire remis au centre, une décision préfectorale de maintien en rétention, un examen accéléré par l'Office français de protection des réfugiés et apatrides. Chaque étape se joue en quelques jours. Cette page décrit la mécanique, article par article, et dit ce qu'il faut faire vite.

Qui peut demander l'asile depuis le centre

Deux situations très différentes, et un même délai.

Première situation : l'asile n'a jamais été demandé en France. C'est le cas le plus fréquent. Une personne interpellée, puis placée en rétention, découvre à ce moment-là qu'elle peut solliciter une protection. Rien ne l'en empêche : le fait d'être retenu n'interdit pas de demander l'asile. Le point de vigilance est le délai, et lui seul.

Seconde situation : une demande antérieure a déjà été rejetée. La demande formée depuis le centre est alors une demande de réexamen. Elle ne rouvre pas le débat sur ce qui a déjà été jugé : elle doit reposer sur des éléments nouveaux, survenus après la précédente décision ou dont l'intéressé n'a pu avoir connaissance qu'après. Un changement de régime dans le pays d'origine, une condamnation prononcée sur place, une convocation, la révélation d'une orientation ou d'une conversion, des menaces reçues depuis : ce sont des faits nouveaux. Une simple répétition de ce qui a déjà été exposé n'en est pas un.

Dans les deux cas, dites dès l'arrivée, à l'agent qui notifie les droits comme à l'association présente dans le centre, que vous souhaitez demander l'asile : cette déclaration ne remplace pas la demande écrite, mais elle déclenche la remise du dossier.

Le délai ne se compte pas depuis l'entrée en France, ni depuis le placement en rétention : il se compte depuis la notification des droits en matière d'asile.

Le délai à retenir

5 jours

À compter de la notification des droits en matière d'asile (article L. 754-1 du CESEDA). Au-delà, la demande n'est pas recevable, sauf faits survenus après.

Ce que nous faisons

Nous relevons l'heure exacte de la notification, aidons à formaliser la demande et défendons devant le juge. 600 € TTC la première audience, même le dimanche.

Le délai de cinq jours : ce que dit exactement l'article L. 754-1

Une irrecevabilité, et une exception

L'article L. 754-1 du CESEDA prévoit que la demande d'asile d'un étranger placé ou maintenu en rétention n'est pas recevable si elle est formulée plus de cinq jours après qu'il s'est vu notifier ses droits en matière d'asile dans les conditions prévues à l'article L. 744-6. Cette notification est distincte de la notification générale des droits en rétention : elle est remise à l'arrivée au centre, avec une assistance juridique et linguistique, et elle porte une date et une heure.

Le même article ménage une exception : l'irrecevabilité ne peut pas être opposée à celui qui invoque des faits survenus après l'expiration de ce délai. C'est une porte étroite, mais réelle : une nouvelle reçue par téléphone, un document envoyé par la famille, un événement dans le pays d'origine. Encore faut-il en rapporter la trace et la date.

Le premier réflexe est donc de photographier la notification des droits en matière d'asile et d'en transmettre l'heure. C'est cette pièce, et non le récit, qui détermine si la demande est recevable. Voir aussi vos droits en centre de rétention.

Comment la demande se dépose, concrètement, au centre

Formulaire, langue, association, interprète, récit

Les articles R. 754-1 et suivants du CESEDA décrivent la marche à suivre. La personne retenue qui souhaite demander l'asile est d'abord informée, dans une langue qu'elle comprend, de la procédure, de ses droits et de ses obligations et des moyens mis à sa disposition pour présenter sa demande.

Le formulaire. La demande est remise sous pli fermé au chef du centre ou au service qui en tient lieu. Elle doit être rédigée en français et accompagnée de photographies ainsi que, s'ils existent, des documents de voyage. La date et l'heure du dépôt sont consignées au registre : c'est la preuve du respect du délai. Demandez-en une trace écrite. Le dossier est ensuite transmis, sous pli fermé, au directeur général de l'Office.

L'interprète et l'association. L'administration met un interprète à disposition dans le cadre des demandes d'asile, et l'association qui intervient dans le centre aide à comprendre la procédure et à remplir le formulaire. Son concours est gratuit, mais elle ne plaide pas à l'audience : elle ne remplace pas la désignation d'un avocat.

Le récit. Il doit être daté, situé, personnel. Ce que l'on cherche à établir n'est pas la situation générale d'un pays, mais le risque qui pèse sur une personne : qui menace, depuis quand, à la suite de quel événement, avec quelles conséquences déjà subies. Les documents parlent mieux que les adjectifs — plainte, certificat médical, convocation, attestation d'un proche resté sur place.

La décision de maintien en rétention, et son recours

Articles L. 754-3 et L. 754-4 du CESEDA

Déposer une demande d'asile ne met pas fin, à soi seul, à la rétention. Lorsque la France est responsable de l'examen de la demande, l'article L. 754-3 permet à l'autorité administrative de maintenir la personne en rétention pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de sa demande, si elle estime que celle-ci a été présentée dans le seul but de faire échec à l'exécution de la mesure d'éloignement. Cette décision doit être écrite et motivée, et elle ne fait pas obstacle au contrôle exercé par le juge judiciaire sur la rétention elle-même.

C'est précisément cette motivation qui se conteste. L'article L. 754-4 ouvre un recours en annulation devant le tribunal administratif, selon la procédure prévue à l'article L. 921-2 du code, afin de discuter les motifs retenus par le préfet pour considérer que la demande ne visait qu'à empêcher l'éloignement. Le président du tribunal ou le magistrat désigné statue après la notification de la décision de l'Office. Si un recours contre l'obligation de quitter le territoire est déjà pendant et n'a pas encore été jugé, le magistrat statue sur les deux litiges par une seule décision.

Ce recours se forme dans les quarante-huit heures. L'article L. 921-2 renvoie à un délai fixé par décret en Conseil d'État ; depuis le décret n° 2026-456 du 6 juin 2026, l'article R. 921-2-1 du CESEDA prévoit que le tribunal administratif peut être saisi dans le délai de quarante-huit heures à compter de la notification de la décision. Le même article ménage deux dérogations : cinq jours lorsque le recours vise la mesure d'éloignement d'un étranger retenu qui n'a plus le droit de se maintenir sur le territoire au titre du règlement (UE) 2024/1348 — l'hypothèse du débouté de l'asile — et sept jours pour une décision de transfert vers l'État responsable. Ce délai se compte en heures, non en semaines, et une demande d'aide juridictionnelle ne l'interrompt pas. En cas de doute sur la décision effectivement contestée, vérifiez-le avec le calculateur de délai de recours ou par téléphone. Un jour perdu se rattrape rarement.

L'annulation de la décision de maintien entraîne la fin de la rétention : la personne est alors admise à se maintenir le temps de l'examen de sa demande, le cas échéant sous assignation à résidence.

L'examen par l'OFPRA en procédure accélérée

Article L. 754-6 — un entretien, des délais très brefs

L'article L. 754-6 du CESEDA prévoit que la demande d'asile présentée en rétention est examinée par l'Office selon la procédure accélérée. Concrètement, l'Office instruit le dossier dans des délais très brefs, sans commune mesure avec ceux d'une demande déposée en préfecture. Nous ne donnons pas ici de nombre de jours : le code ne fixe pas, pour ce cas, un délai que l'on pourrait afficher sans risque d'induire en erreur. Demandez-le à l'avocat, dossier en main.

L'entretien. Le demandeur est entendu par un officier de protection, lors d'un entretien individuel et confidentiel, avec l'assistance d'un interprète. Cet entretien peut se tenir depuis le centre par un moyen de communication audiovisuelle. Le code prévoit également la présence possible d'un tiers auprès du demandeur et la prise en compte de la vulnérabilité. C'est le moment décisif : il faut y arriver préparé, avec une chronologie claire et les documents déjà transmis.

Pendant ce temps, l'éloignement est suspendu. L'article L. 754-5 interdit d'exécuter la mesure d'éloignement avant la décision de l'Office ou, si le tribunal administratif a été saisi, avant qu'il ait statué. Cette protection est l'un des effets les plus concrets de la demande : elle interrompt le compte à rebours du départ, sans mettre fin pour autant à la rétention.

Après la décision de l'Office : protection, ou rejet

Deux issues, deux suites très différentes

Si une protection est accordée. L'article L. 754-7 prévoit qu'il est mis fin à la rétention lorsque l'Office reconnaît la qualité de réfugié ou accorde le bénéfice de la protection subsidiaire. Il y est également mis fin lorsque l'Office estime ne pas pouvoir examiner la demande selon la procédure accélérée. La personne sort du centre et entre dans le droit commun de l'asile : attestation, état civil reconstitué, titre de séjour. La décision d'éloignement qui subsistait doit alors être abrogée.

Si la demande est rejetée. La décision est notifiée au centre. Un recours devant la Cour nationale du droit d'asile reste ouvert, mais il faut être clair sur un point souvent mal compris : dans cette configuration, ce recours n'empêche pas, par lui-même, l'exécution de l'éloignement. La protection contre le départ résulte de l'article L. 754-5, c'est-à-dire de la décision de l'Office et, le cas échéant, de la saisine du tribunal administratif — non de l'appel devant la Cour. C'est la raison pour laquelle le recours contre la décision de maintien en rétention et le recours contre l'OQTF doivent être engagés en parallèle, et non l'un après l'autre : l'un et l'autre se comptent en heures — quarante-huit heures pour l'obligation de quitter le territoire notifiée en rétention, cinq jours lorsque l'éloignement fait suite au rejet de la demande d'asile (article R. 921-2-1 du CESEDA).

Aucun résultat ne peut être garanti. Une demande d'asile déposée en rétention est examinée dans des conditions difficiles et le taux de protection y est faible. Nous le disons avant d'engager la procédure, plutôt qu'après.

Le cas particulier de la procédure Dublin

Quand un autre État est responsable de la demande

L'article L. 754-2 du CESEDA réserve une hypothèse : l'administration peut, pendant la rétention, déterminer l'État responsable de l'examen de la demande d'asile et, le cas échéant, procéder au transfert vers cet État. La demande n'est alors pas examinée par l'Office français : elle relève d'un autre pays européen, en général celui par lequel la personne est entrée ou celui qui a relevé ses empreintes.

La procédure change alors complètement — décision de transfert, rétention aux fins de transfert, critères légaux du « risque non négligeable de fuite », délais européens — et fait l'objet d'une page distincte : rétention et procédure Dublin. Si vos empreintes ont été relevées ailleurs, c'est cette page qu'il faut lire.

Pendant ce temps, le juge judiciaire continue de contrôler la rétention

Deux contentieux parallèles, deux juges différents

La demande d'asile ne suspend pas le contrôle judiciaire de l'enfermement. Le placement décidé par le préfet dure 96 heures et se conteste, dans ce même délai, devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire — l'ancien juge des libertés et de la détention. La première prolongation est de 26 jours ; les prolongations suivantes sont de 30 jours, renouvelables une fois.

Devant ce juge, l'asile est un argument parmi d'autres : si l'éloignement ne peut plus être exécuté tant que l'Office n'a pas statué, la question de la perspective raisonnable d'éloignement se pose, et le juge vérifie les diligences de l'administration. Les moyens classiques restent disponibles : irrégularité de l'interpellation, notification tardive des droits, absence d'interprète, défaut d'examen de la situation personnelle, état de santé incompatible avec l'enfermement. Voir contester le placement en rétention et la prolongation de la rétention.

Ce que la famille peut préparer, depuis l'extérieur

Une liste courte, à constituer dans les heures qui suivent

  • L'heure de la notification des droits en matière d'asile, photographiée si possible : c'est le point de départ du délai de cinq jours.
  • Les preuves des craintes : plaintes, convocations, décisions de justice, avis de recherche, certificats médicaux constatant des séquelles.
  • Les documents du pays d'origine : passeport, acte de naissance, carte de parti ou d'association, documents religieux, publications.
  • Les témoignages : attestations de proches restés sur place, datées, signées, avec une pièce d'identité du témoin.
  • Les traces numériques : messages de menaces, captures d'écran, publications, photographies, à exporter et à horodater.

Ces éléments peuvent nous être adressés par courriel depuis n'importe quel pays. Voir aussi : un proche en rétention, que faire.

Ce que fait le cabinet, et à quel prix

Grille annoncée à l'avance, sans supplément

Nous relevons l'heure exacte de la notification des droits en matière d'asile, vérifions que la demande a été enregistrée dans le délai, aidons à structurer le récit et les pièces, contestons la décision de maintien en rétention et plaidons devant le magistrat du siège du tribunal judiciaire de Bordeaux, au centre ou par visioconférence. Le recours contre l'OQTF est examiné en parallèle. Maître Gabriel Lassort est avocat au barreau de Bordeaux depuis 2018 et membre de l'Institut de défense des étrangers de ce barreau. Aucun résultat ne peut être garanti : nous vous disons ce qui est solide dans le dossier et ce qui ne l'est pas.

Intervention Honoraires Contenu
Première audience devant le juge 500 € HT — 600 € TTC Étude du dossier, conclusions, audience, plaidoirie, compte rendu à la famille
Chaque audience de prolongation suivante 300 € HT — 360 € TTC Pour un client déjà défendu par le cabinet
Appel devant la cour d'appel 250 € HT — 300 € TTC Pour un client déjà défendu en première instance
Forfait « défense rétention » prépayé 700 € HT — 840 € TTC Première audience et appel éventuel
Recours devant le tribunal administratif et procédure d'asile Aide juridictionnelle Si les conditions sont remplies ; honoraire complémentaire en cas d'aide partielle
Consultation au cabinet 70 € TTC Déduits des honoraires si vous confiez le dossier

Même prix le week-end et les jours fériés. Aucun supplément. Devis d'une page par e-mail ou SMS dans l'heure, paiement à distance par la famille. Un avocat commis d'office peut également être désigné. Attention : la demande d'aide juridictionnelle n'interrompt pas les délais courts.

Voir le détail des honoraires

Textes de référence

Questions fréquentes sur l'asile en rétention

Ce que l'on nous demande au téléphone

Peut-on demander l'asile depuis un centre de rétention ?

Oui. Le CESEDA organise une procédure spécifique aux articles L. 754-1 à L. 754-8. La demande se dépose au centre, sous pli fermé, sur un formulaire rédigé en français, et elle est transmise à l'Office français de protection des réfugiés et apatrides, qui l'examine selon la procédure accélérée.

Quel est le délai pour demander l'asile en rétention ?

Cinq jours. L'article L. 754-1 rend la demande irrecevable si elle est formulée plus de cinq jours après la notification des droits en matière d'asile prévue à l'article L. 744-6. Le point de départ n'est ni l'entrée en France, ni le placement en rétention, mais l'heure portée sur cette notification.

Que se passe-t-il si le délai de cinq jours est dépassé ?

La demande est en principe irrecevable. L'article L. 754-1 prévoit toutefois que cette irrecevabilité ne peut pas être opposée à celui qui invoque des faits survenus après l'expiration du délai. Il faut alors documenter précisément ces faits et leur date.

J'ai déjà été débouté de l'asile : puis-je redemander depuis le centre ?

Il s'agit alors d'une demande de réexamen. Elle suppose des éléments nouveaux, survenus après la précédente décision ou dont vous n'avez pu avoir connaissance qu'après. Une simple répétition de ce qui a déjà été examiné ne suffit pas.

Demander l'asile met-il fin à la rétention ?

Pas automatiquement. L'article L. 754-3 permet au préfet de maintenir la rétention pendant le temps strictement nécessaire à l'examen de la demande, s'il estime par une décision écrite et motivée que celle-ci ne vise qu'à faire échec à l'éloignement. Cette décision se conteste devant le tribunal administratif.

Puis-je être éloigné pendant l'examen de ma demande d'asile ?

L'article L. 754-5 interdit d'exécuter la mesure d'éloignement avant la décision de l'Office ou, si le tribunal administratif a été saisi, avant qu'il ait statué. Cette protection joue tant que la procédure est en cours.

Que se passe-t-il si l'Office rejette ma demande ?

Un recours devant la Cour nationale du droit d'asile reste ouvert, mais il n'empêche pas par lui-même l'exécution de l'éloignement dans cette configuration. C'est pourquoi le recours contre la décision de maintien en rétention et celui contre l'obligation de quitter le territoire doivent être engagés en parallèle.

Combien coûte l'intervention du cabinet, et le week-end ?

La première audience devant le juge est facturée 500 euros hors taxes, soit 600 euros toutes taxes comprises, tout compris. Le même prix s'applique le week-end et les jours fériés, sans supplément. Le recours devant le tribunal administratif et la procédure d'asile relèvent de l'aide juridictionnelle si les conditions sont remplies.

Cinq jours, cela passe vite

Donnez-nous l'heure de la notification et les documents : nous vous dirons en dix minutes ce qui est encore possible, et à quel prix

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