Recours

Porter plainte contre la préfecture : à quel juge s'adresser ?

Refus, silence, blocage : ce n'est pas au commissariat que cela se règle
Les voies qui existent vraiment

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Un refus de titre de séjour, une absence de réponse ou un dossier bloqué ne se règlent pas par une plainte au commissariat : ils se contestent devant le tribunal administratif, qui peut annuler la décision, ordonner à la préfecture d'agir et condamner l'État à réparer le dommage. La plainte pénale n'a de sens que si un agent a commis une infraction, par exemple en demandant de l'argent. Le Défenseur des droits peut aussi être saisi, gratuitement, mais il ne remplace pas le juge.

Selon ce que vous voulez obtenir

  • Faire annuler un refus ou une obligation de quitter le territoire. Recours devant le tribunal administratif, dans les deux mois de la notification pour un refus de titre (article R. 421-1 du code de justice administrative), dans des délais bien plus courts pour une OQTF. Voir recours contre la préfecture et recours OQTF.
  • Obtenir une réponse à une demande restée sans suite. Le silence vaut refus au bout de quatre mois, et ce refus se conteste : voir la préfecture ne répond pas.
  • Débloquer une situation urgente (pas de rendez-vous, pas de récépissé, emploi menacé). Le juge des référés peut ordonner une mesure utile, même sans décision préalable (article L. 521-3 du code de justice administrative) : voir rendez-vous impossible et récépissé en urgence.
  • Être indemnisé d'une faute qui vous a coûté un emploi ou des prestations : demande préalable puis recours au tribunal, voir recours indemnitaire contre la préfecture.

Quand une plainte pénale a un sens

La plainte vise une infraction. Le code pénal punit notamment l'agent public qui sollicite ou accepte un avantage pour accomplir ou ne pas accomplir un acte de sa fonction (article 432-11), et celui qui, par discrimination, refuse le bénéfice d'un droit accordé par la loi (article 432-7). Dans ces cas, la plainte se dépose au commissariat ou à la gendarmerie, qui sont tenus de la recevoir (article 15-3 du code de procédure pénale), ou directement auprès du procureur de la République (article 40). Elle ne dispense pas de contester la décision devant le tribunal administratif dans les délais.

Si vous avez payé un intermédiaire ou un faux avocat qui promettait un titre de séjour, c'est une autre situation : voir j'ai payé un faux avocat ou un intermédiaire et une plainte me donne-t-elle des papiers ?

Le Défenseur des droits

Il est chargé de défendre les droits et libertés dans les relations avec les administrations de l'État (article 4 de la loi organique n° 2011-333 du 29 mars 2011). Sa saisine est gratuite. Elle doit être précédée de démarches auprès de la préfecture, et elle n'interrompt ni ne suspend les délais de recours (article 6). Écrire au Défenseur des droits peut aider à débloquer un dossier ; cela ne doit jamais faire attendre au-delà du délai pour saisir le tribunal.

Questions fréquentes

Peut-on porter plainte contre la préfecture ?

Contre une décision ou un silence de la préfecture, la voie est le recours devant le tribunal administratif, pas la plainte. Une plainte pénale ne vise qu'une infraction commise par une personne, par exemple un agent qui demande de l'argent.

Saisir le Défenseur des droits arrête-t-il les délais ?

Non. Sa saisine n'interrompt ni ne suspend les délais de recours (article 6 de la loi organique du 29 mars 2011). Le recours au tribunal doit partir dans les délais.

Peut-on obtenir des dommages et intérêts de la préfecture ?

Oui, si une faute de la préfecture vous a causé un préjudice prouvé : demande préalable chiffrée, puis recours au tribunal administratif avec un avocat.

Une décision de la préfecture vous bloque ?

Les délais de recours courent déjà : faites lire la décision sans attendre

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